Taille Mannequin, les standards de la mode

Réflexion sur les limites de la standardisation dans le système de la mode prenant la forme d’une installation de 18 mannequins en tissus, pièces uniques produites en série, réalisés dans le cadre d’un workshop avec 20 élèves du Lycée Paul Poiret à Paris. Vidéo de 12′ présentant les récits de souvenirs de vêtements racontés par 8 adolescentes, liés à des souvenirs de vêtement.

La création du produit peut-elle avoir lieu directement sur la chaîne de production ?
Comment un processus de production sérielle peut contribuer à créer un produit unique ?

une vue de l’installation au Palais Galliera à Paris

Cette problématique a pris la forme d’un atelier, imaginé par Pascal Gautrand pour une classe de 20 étudiantes en Bac professionnel du lycée Paul Poiret à Paris. Encadrées par les professeurs d’Arts appliqués et de Techniques professionnelles, ces adolescentes de 15 à 17 ans ont réalisé 18 mannequins en textile, grandeur nature. L’installation est accompagnée d’une vidéo de 12 minutes, présentant les souvenirs liés à un vêtement de 10 des élèves de la classe, chacun porteur de la mémoire d’un moment vécu ou d’une personne chère.

Le contexte
Le lycée Paul Poiret, par ses formations liées à la mode, offre un attrait tout particulier pour un grand nombre d’élèves sortant du collège. Initialement fascinés par l’image du styliste-créateur, ces lycéens montrent ensuite un grand désintérêt pour tout ce qui constitue l’apprentissage des métiers techniques liés à la mode.
Le lycée Paul Poiret cherche à améliorer les conditions qui font naître la véritable motivation des élèves, celle liée à la persévérance et à la mobilisation autour d’un projet culturel, artistique ou technique, dans un esprit solidaire.

Le déroulement de l’atelier
En 3 mois, il s’est créé une dynamique autour de la notion de production. La classe, divisée en groupes de travail, a produit une vingtaine de mannequins en tissus. Le processus de production a nécessité la mise au point d’un patronnage et le montage en série de chaque élément de l’anatomie (bras, tête, jambe, etc.).
A la manière d’un puzzle ou d’un « cadavre-exquis », les morceaux créés par chaque groupe, dont la couleur et le tissu a été choisi individuellement par chaque élève, sont assemblés dans un second temps : la création finale est le résultat des choix de chacun, offrant ainsi de manière aléatoire, une personnalité unique à chaque mannequin.

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